Pixels Festival : Créativité… sur commande !

Ruben 28 février 2014 Actualités & Alinoa

Alinoa était présent hier lors du Pixels Festival à Mons avec Ruben en tant qu’orateur. Le sujet de la conférence était la créativité. Nous avons choisis de partager avec l’audience (250 personnes) nos processus et notre vision des choses sur comment provoquer (et entretenir) sa créativité.

Voici la transcription de la conférence et la présentation.

Texte de la conférence :

Que vous soyez graphiste, développeur, entrepreneur ou même comptable. Tous, nous sommes amenés à considérer certains problèmes avec un angle nouveau. Et puis d’ailleurs pourquoi faire les choses comme elles ont toujours été faites ?

Le progrès se nourrit de l’expérience et de sa critique !

Je vais tenter aujourd’hui de cerner avec vous comment être créatif… tous les jours et comment provoquer notre créativité.

Idées reçues… et (parfois) entretenues par les créatifs

Il existe beaucoup d’idées reçues sur les créatifs. Où plutôt sur qui peut être créatif et qui ne peut pas l’être. Elles sont entretenues et distribuées par tous. Beaucoup de monde pense donc détenir le vérité sur la créativité ou à tout le moins avoir une idée précise de ce qu’il faut pour être créatif.

Voici en vrac quelques idées reçues sur les créatifs :

Les créatifs sont des originaux.

En vérité toute personne dispose de ce qui est nécessaire à la créativité. Nous en sommes tous équipé. Il s’agit simplement de notre cerveau. Aucune logiciel ne permet d’être créatif. Voici quelques exemples de personnes universellement reconnues comme créatives (Johnny Ive, Barack Obama, Elio di Rupo)

Johnny Ive. Il est le principal designer chez Apple. On luit doit des produits connus de tous. Barack Obama. On ne le présente pas ou même Elio di Rupo. Que l’on partage ou pas leurs opinions ou positions. Leur position exige une grande créativité pour remplir la fonction qu’ils exercent.

Ces personnes ne présentent pas de signes ou de comportements apparemment sortant de la norme. Et pourtant on peut considérer que chacune à leur niveau, elles font preuve d’une grande créativité.

Les délais courts stimulent la créativité.

Dans les cours que je donne ou via certains de nos clients chez Alinoa, j’ai souvent entendu cettte idée. Et c’est une idée souvent propagée par certains créatifs. Que les délais courts participent à la créativité. Je m’inscrit totalement en faux par rapport à cette idée. Nous verrons pourquoi il est absurde de répandre cette affirmation.

Les créatifs sont désordonnés.

Cela va même parfois jusqu’à des études qui démontreraient que les personnes les plus créatives sont celles qui vivent dans l’environnement le plus encombré. Nous pouvons encore une fois estimer que cela est absurde en tant que condition. Je pense que cela est plutôt le résultat d’activités que la cause : une personne absorbée dans un processus créatif aura (peut-être) plus tendance qu’une autre à négliger son espace de vie.

La mise en concurrence garantit le résultat le plus créatif.

Nous touchons là à un point qui me tient particulièrement à coeur. L’affirmation que la mise en concurrence (par le biais de concours dans les projets de design, d’architecture ou de communications) permet d’obtenir un bon résultat dépasse le bon sens et l’entendement. Pardonnez-moi si vous jugez cette position peu contrastée mais c’est un sujet auquel je suis souvent confronté. J’affirme que les conditions à remplir pour obtenir un résultat créatif ou innovant à un problème donné n’autorisent pas de « concours » ou de mise en concurrence. Je ne parle bien entendu pas de mise en concurrence financière ici mais bien de mise en concurrence sur le résultat d’un travail.

Afin de pouvoir vérifier ces affirmations, il serait bon de se baser sur certaines bases. Intéressons-nous maintenant à ce qu’est un créatif et à ce qui nous empêche d’être créatif.

Qu’est-ce qu’un créatif ?

Ma définition d’un (ou une) « créatif » est toute personne amené à produire un résultat créatif. Cette définition peut paraitre simpliste. Elle englobe toutefois des concepts plus complet. Intéressons-nous à ce qui est nécessaire pour produire une « résultat créatif ». La condition de départ pour pouvoir produire un résultat est qu’il y ait un problème et que ce problème soit clairement défini. Par rapport à ce problème un résultat qualifié de « créatif » pourrait être considéré comme un résultat différent de ce que d’autres personnes ont déjà apporté, un résultat original, une résultat inattendu.

Est-il nécessaire de définir plus précisément cela ? Non, je ne le crois pas. Dans le cadre de cette définition, on est tous d’accord que nous sommes tous équipé pour être créatif. Nul besoin de maitriser un outil tel que Photoshop, AutoCad,… ou autre pour faire preuve de créativité.

La créativité ne demande pas d’autres outils que notre cerveau. Et notre cerveau est un muscle qui ne demande qu’à s’entrainer. Si on accepte que notre cerveau est un muscle et qu’il ne demande qu’à être entrainé ! On peut facilement imaginer qu’au fil des répétitions, notre esprit se forme à plus de créativité ! C’est un cercle vertueux.

L’analogie avec le sport me semble bonne. Un sportif pour « espérer » les meilleures performances va mettre en place un programme clair et défini qu’il suivra avec rigueur. Il choisira de faire confiance à ce programme. C’est la répétition précise de ses entrainements qui lui permettra de progresser.

Je pense qu’il en va de même pour les personnes confrontées à l’acte créatif. Seule la répétition d’un programme assez précis permet d’améliorer ses performances créatives. Toutefois l’acte créatif se retrouve compliqué par une série d’éléments ou d’idées préconçues qui nous empêche d’être créatif. Voyons ensemble de quoi il s’agit.

Ce qui nous empêche d’être créatif.

L’espoir du résultat immédiat

La première chose qui nous empêche d’arriver à un résultat dans notre recherche créative est notre impatience. Nous aimerions tous que le résultat soit immédiat. De même que le sportif répète longuement ses entrainements sous forme de séries. Nous nous devons de faire confiance dans le processus que nous aurons établi.

Peur du jugement

Le second élément qui nous mine lors de nos recherches de solutions créatives est la peur du jugement. Le jugement que d’autres pourraient émettre mais surtout la peur de notre propre jugement. Nous avons la tendance naturelle à filtrer les idées comme elles viennent et peut-être à rejeter les meilleures simplement parce que nous nous jugeons sans cesse. Nous devrions, tous, essayer d’être plus à l’écoute de notre petite voix.

Manque de temps

Déjà maintenant, le chemin créatif peut vous sembler fastidieux. Vous vous dites surement : « oui quand est-ce que j’ai le temps de faire cela ? ». Cela est tout à fait vrai ! Nous manquons de temps. Tous. Pourtant la créativité demande du temps. Elle demande du temps en elle-même. Et elle demande à être cultivée. Une campagne de pub récente disais (http://lareclame.fr/69840+culture) : « Privé d’oxygène votre cerveau meurt. Privé de culture aussi. » Puisque votre cerveau est le muscle de la créativité. La culture en est l’oxygène.

Il n’est donc plus négociable de négliger ce point. Il est vrai qu’exercer un métier créatif peut devenir difficile. Les jobs ne courent pas les rues, etc Et en plus nous avons l’obligation d’une culture permanente. Comment mettre cela en pratique ? Quel est le programme d’entrainement idéal de votre cerveau ?

Comment être créatif ?

Organiser son temps

Chez Alinoa, je connais ce que beaucoup d’entre vous doivent rencontrer fréquemment : comment jongler entre 10 000 tâches différentes. On peut passer du classement du courrier, la facturation, l’appel et la gestion des nouveaux clients et au milieu de tout cela, il faut caser les projets. Comment faire ?

Voici deux ou trois trucs qui fonctionnent bien pour moi. La première est de planifier à l’avance des plages horaires réservées à tel ou tel type de tâches. Je prends des rendez-vous avec moi-même en quelque sorte. Cela me permet d’être tout à fait concentré sur ce que j’ai à faire. Lors de certaines plages de temps, je m’interdis même d’ouvrir ma boite e-mails ou de répondre au téléphone.

En parlant d’emails. Qui ici commence la journée par traiter ses emails ? Tout le monde à cette tendance. Les moments où je ne respecte pas mes propres routines (personne n’est parfait), il m’arrive parfois de commencer la journée par cela…. Il est arrivé que çela prenne les 2/3 de la journée… Pourquoi ? Est-ce que cela m’a fait avancer sur quoi que ce soit ? Non !

Les emails sont un mal nécessaire mais toxiques ! Essayez de les cadenasser dans des moments donnés.

Adopter des routines (avec variables, pour les dev)

Revenons-en à nos sportifs. Nous avons vu que c’est la répétition de leur entrainements avec une rythmique précise qui apportait la performance. Je tends à penser que cela est vrai aussi pour les créatifs. De nombreux créateurs, artistes, écrivains ont tout au long de l’histoire évoqué leurs propres routines.

Par exemple, Le Corbusier se levait chaque jour à 6h du matin pour faire de l’exercice et de la peinture. Prenait son petit-déjeuner à 8h précise avant de se mettre au travail. Ingmar Bergman était présent à 10h du matin au théâtre pour échanger avec ses équipes. Les répétitions commençaient à 10h30. Lunch à 12h45 précise et la journée de travail s’arrêtait à 15h30.

Encore et toujours au même rythme. Ces routines permettent de se focaliser sur ce qui est essentiel et de ne plus penser de manière active au quotidien. Loin d’enfermer l’esprit de contraintes, elle le libère.

Adopter un processus créatif

Lors de votre travail, quel qu’il soit, lorsque vous cherchez à obtenir un résultat créatif, je vous recommande d’adopter un processus, encore une routine. Vous êtes pleinement conscient que le résultat prendra du temps à obtenir. Sinon finalement, serait-ce un résultat créatif ? Vous êtes conscient que vous êtes votre pire ennemi, que vous êtes capable de vous auto-censurer sans cesse.

Afin de vous préserver de vous-même et de vous plonger dans l’acte créatif, vous devez faire confiance à une méthode et vous laisser porter par une pensée structurée. Là encore, ne croyez pas qu’il s’agisse de barrières. Il s’agit uniquement de se fixer un cadre qui permettra à notre cerveau de travailler à plein régime.

Lors de projets graphique ou web, le processus du projet est souvent :

  • Briefing
  • Recherches
  • Création
  • Développement ou mise en page

Une méthode que j’aime bien et qui se retrouve appelée d’une manière ou d’une autre dans tous les processus de brainstorming est celle-ci :

  • Reformulation (on se pose le problème sous un angle différent. On s’assure de l’avoir bien compris. On le complète)
  • Création (on laisse cours à ses idées. La règle ici est de ne rien juger et d’absolument tout conserver)
  • Convergence (on fait le tri, on débat, on choisit)

A mon sens tout processus créatif devrait passer par ces trois étapes pour avoir une chance d’aboutir. Et ensuite… soyons créatif ! Rien ne vous empêche de trouver vos propres outils !

MAJ le 5/08/2014 : Retrouvez ici une article très instructif sur les « routines » et notamment celle de Charles Dickens. Il travaillait de 9h00 jusque 14h00 pour ensuite s’adonner à de longues marches qui lui permettaient de mieux gérer son niveau de concentration pendant ses heures de travail : « Science says you should leave work at 2p.m.  and go for a walk« , par Chris Mooney.

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